Après avoir vu le marché de l'intérieur et rebranché quelques bornes laissées sans gestionnaire, une grille de lecture se dessine. Trois étages, pas un.
Côté propriétaire, le verrou. Contrat long, matériel imposé, paiements retenus, sortie impossible sans couper la borne. L'écosystème est fermé par construction — c'est ce qui rend les bornes orphelines possibles, et ce qui décourage les indépendants de s'équiper sérieusement.
Côté conducteur, la friction. Une application à télécharger pour ce trajet-là, un compte à créer, un mot de passe à retrouver, parfois un badge réseau à commander. Et au bout du chemin, parfois, une borne qui refuse de démarrer sans qu'on sache pourquoi.
Côté tarif, l'addition. À chaque maillon — constructeur, plateforme, application de roaming —, une marge s'ajoute. Tout ça finit dans le prix au kWh et donne aux opérateurs l'impression de passer pour des voleurs face à leurs propres clients, alors qu'ils ne font qu'absorber les couches au-dessus.
Les trois problèmes sont liés. C'est pour ça qu'aucun ne peut être réglé seul — et c'est ce qui a fini par dessiner la forme de Petite Borne.